Parcours PMA et FIV

 

Parcours PMA et FIV, des mots dont je ne comprenais pas le sens et qui maintenant font malheureusement partie de mon histoire comme de l’histoire de trop nombreuses femmes.

En 2014 sur le chemin de la PMA car depuis mon opération en 2013, la question bébé s’est très rapidement posée dans mon couple.

Déjà lors de mon rendez-vous post-opératoire avec la chirurgienne qui m’a opérée j’ai entendu cette phrase sortie alors que je ne m’y attendais pas : « à votre âge il faut faire vite et tomber enceinte rapidement ». 33 ans. « je ne sais pas où en sont vos projets de couple actuellement mais on peut prendre un moment pour parler pma si vous le souhaitez». C’est quoi la pma? l’aide à la procréation médicalement assistée.

Cette introduction pour dire que, dans ce petit bureau, une gynécologue nous demande, à l’homme qui partage ma vie depuis 6 mois seulement et à moi quels sont nos projets bébés? « ben… y a pas de projets ». « ben faudrait y penser ». « ok ».

On y a pensé; on s’est donné 1 an pour avoir un bébé naturellement. Et puis après un an on a opté pour le monde mystérieux du parcours PMA et FIV.

 

Parcours PMA et FIV, un long chemin

La FIV c’est un long chemin que je découvre au fil des semaines. Des rendez-vous pour signer les papiers, fixer les dates des rendez-vous des différents examens. Je commence mon protocole de fécondation in vitro suivant scrupuleusement les recommandations des médecins.Je vais acheter les nombreuses boîtes d’hormones à m’injecter et commence les piqûres tous les jours à heure fixe

Le parcours PMA cela veut dire aussi aller faire des échographies et prise de sang tous les deux à trois jours pour savoir si les ovules évoluent, si il faut adapter les doses des piqûres qui quand ils arrivent enfin à maturité. Cela veut donc dire échanger discrètement mes horaires avec les collègues pour pouvoir me rendre aux rendez-vous. En tout environ 6 rendez-vous fixés à chaque fois pour les jours suivant entre 8h et 15h qu’on ne peut pas planifier à l’avance cela rend les choses compliquées quand on travaille

En parler à mon travail ce n’était pas envisageable car je venais d’être engagée alors je me suis tue. Je sais aujourd’hui que si j’avais réitéré l’expérience j’en aurais parlé à certains collègues pour le vivre plus confortablement et que cela aurait été compris et entendu mais parfois ce n’est pas le bon moment ou pour certaines femmes pas le bon employeur ou milieu de travail et qu’il vaut mieux à ce moment là ne pas tout mélanger et se taire.

 

Traitements

Je réagis bien aux traitements, c’est assez fou mais je n’ai aucun effet secondaire, pas de bouffées de chaleur, sautes d’humeur, prise de poids qui arrivent très souvent avec ces hormones ajoutées en profusion.

Et puis arrive le jour de l’intervention. Une anesthésie générale encore pour la ponction des ovocytes. Le médecin vient prélever les ovules un à un sur les ovaires, une petite intervention relativement bénigne. Si tu passes par la PMA c’est à ce même moment que ton partenaire dans cette aventure ira s’enfermer dans une petite pièce pour donner son sperme.

Parcours PMA et FIV, l’attente

S’ensuit une longue voire interminable période en dent de scie, faite d’attente, d’espoir mais aussi de doutes, de peur et de stress dont on parle si peu.

Parce que oui il est clair qu’il faut attendre le moment de cette fausse ovulation puis encore quinze jours supplémentaires pour savoir enfin si l’on sera seulement peut-être parent.

 

La FIV c’est aussi ça :

  • l’attente entre chaque échographie et prise de sang pour savoir si le taux est ok et si on continue.
  • celles pour qui tout s’arrête déjà là et qui doivent attendre le cycle prochain pour recommencer un tour.
  • savoir le nombre d’ovules et si ils sont ok. Pour nous il y en avait 8.
  • celles pour qui ça s’arrête là.
  • Est-ce qu’il y a encore des embryons ou est-ce que tout se termine.
  • ceux chez qui ça n’arrive pas.
  • Un appel pour savoir combien il y en a. Il y en avait 6.
  • Le coup de téléphone chaque jour pour savoir si ils se développent bien et à quelle vitesse et puis quand enfin on pourra faire le fameux transfert.
  • ceux pour qui tout s’arrête à ce moment-là. ça a continué pour moi.

Parcours PMA et FIV, implantation

Et puis arrive ce fameux jour, ce jour  où il en reste 4 et où on a reçu ce fameux coup de téléphone nous annonçant que l’on a rendez-vous le lendemain, un rendez-vous pour que ces deux embryons qui grandissent bien dans leur petite boîte continuent à grandir en moi, dans mon utérus, enfin. Ce jour où l’on nous a dit que tout était parfait : les gènes, la taille, l’âge, la forme, moi, mon mec, mon couple, les prénoms qu’on a choisi et même la chambre que j’ai imaginée et là non je n’exagère pas ce jour là c’est un peu comme ça que je me suis sentie.

Dans une clinique, installée dans un fauteuil, mon mec à côté de moi avec son habit vert, ce matin où on m’a transféré nos deux embryons, nos bébés. Dans un milieu médical où pour une fois on ne m’a pas annoncé un problème et où à la place d’un kyste, nodule ou utérus vide, on m’a montré deux embryons, mes futurs bébés avant de les mettre dans une seringue. 

Ce jour là où j’ai pu les voir  passer le long de cette longue aiguille et flotter dans mon utérus. Ce jour-là, c’est le jour où je me suis sentie un peu comme les autres, où j’ai pleuré d’émotion, où mon mec a les larmes aux yeux et où je me suis dit, là maintenant en ce moment tu as deux embryons dans ton utérus, tu portes deux petites vies en toi. Deux petites vies qui vont essayer de s’accrocher aux parois recouvertes d’endomètre, ce tissu que mon corps sait si bien fabriquer et déployer.

Espoir et peurs

Ce jour-là j’ai réalisé que cette attente, tout comme cette peur que tout s’arrête que j’avais vécu depuis quinze jours et bien elle revenait en force. J’ai réalisé que cette peur j’allais la vivre les quinze prochains jours en attendant le résultat. J’ai réalisé que  si le résultat est positif j’allais connaître cette peur encore pendant trois mois le temps que ça soit plus ou moins sûr que le ou les bébés restent bien accrochés. Et si ils s’accrochent, après trois mois j’aurais peur encore car chez moi rien ne se passe comme cela devrait se passer, et cette peur là elle était fondée je l’ai appris plus tard.

J’ai réalisé encore que si j’ai la chance d’accoucher et bien j’aurais peur toute ma vie qu’il lui ou qu’il leur arrive quelque chose. Respire. 

Quinze jours plus tard on est plus parents, on est pas parents. Il paraît qu’ils étaient parfaits, que nous aussi, qu’on avait un magnifique taux de réussite selon les probabilités de la clinique. On ne sait pas si nous donner cette information c’est censé nous rassurer ou atténuer la douleur, c’est simplement fini. 

La suite? On nous a demandé tout de suite si on voulait faire un transfert d’embryon au cycle suivant. Pour moi c’était trop tôt, j’avais besoin de me reconnecter à mon corps et cette connexion m’a envoyé le message de faire d’abord une opération afin d’avoir une belle “image” de l’intérieur de mon corps, puis le temps a passé, une séparation douloureuse et la vie a repris son court poussant au loin cette aventure PMA.

Si toi aussi tu vis ce chemin de la PMA, je t’embrasse très très fort et te félicite pour ton courage immense!

 

Si tu as besoin de soutien

Je vous propose un accompagnement adapté pour vous soutenir lors de ce parcours : https://en-douceur.com/accompagnement/

Si tu es atteinte d’endométriose, mon programme peut t’aider à diminuer les symptômes et améliorer ta fertilité : https://en-douceur.teachable.com/p/vivre-l-endometriose-en-douceur

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